Patrimoine naturel


LES ILES

UN NOM MYSTERIEUX

Le nom « Sanguinaires » pourrait être dû à la lumière pourpre qui ensanglante les roches, juste avant la plongée du soleil couchant dans la mer. Mais il pourrait aussi faire allusion aux frankénies (Frankenia laevis), ces petites plantes à fleurs roses dont les feuilles virent au rouge vif en automne, ou encore aux fleurs roses des nivèoles qui envahissent début novembre la plus grande des îles de l’archipel : Mezu Mare.

D’autres hypothèses, plus probables, font référence à la proximité du golfe de Sagone. Effectivement, des cartes géographiques antérieures à la création d’Ajaccio, font mention des îles « Sagonnaires » (isule sagunarie) nommées par l’évêché qui se trouvait à Sagone à cette époque (An 1200).

Par la suite des établissements de fortune furent construits sur Mezu Mare pour que les pêcheurs de corail surnommés « i sanguinari », les « gens au sang noir », revenant d’Afrique, purgent leur quarantaine. Le nom des Sanguinaires témoignerait ainsi de leur passage sur l’île.

 

LA FAUNE

 L’AVIFAUNE

 

Le Cormoran huppé de Méditerranée ( U marangonu ciuffutu) :Cette espèce strictement marine et non migratrice compte moins de 10.000 couples dans l’ensemble de la mer Méditerranée et de la mer noire.

La Corse possède près de 10 % de la population mondiale. Vulnérables car sensibles aux dérangements, souvent capturés accidentellement dans les filets des pêcheurs et victimes de destruction volontaire par le passé, les colonies de cormorans huppés sont l’objet d’un suivi scientifique depuis plusieurs années.

 

 

 

 

Le Faucon pèlerin ( U falcu pelegrinu) : ce rapace diurne a été observé sur Mezu mare où un couple niche dans la falaise nord de l’île.

 

 

 

Le Balbuzard pêcheur ( U falcu di fiumu) : installe sur les îles sanguinaires au XIXe siècle, la présence de ce magnifique rapace se résume de nos jours à quelques individus fréquentant régulièrement le site au printemps, mais sans y nicher.

En installant des nids artificiels, le Parc Régional de la Corse a tenté de favoriser leur nidification mais sans résultat à ce jour. Le balbuzard semble être gêné par l’importante colonie de goélands leucophées.

 

 

 

Les fauvettes (A capinera sardignola) : Ce petit passereau insectivore est représenté par trois espèces : la fauvette sarde, la fauvette pitchou et la fauvette mélanocéphale.

La fauvette sarde est endémique de la Méditerranée occidentale (Corse, Sardaigne, Baléares). En France elle niche uniquement en Corse où elle représente 25 % des effectifs nicheurs européens.

 

 

 

 

 

Le goéland leucophée (l’acula marina) :Cette espèce a connu  ces dernières années un développement exceptionnel à la fois en France, en Espagne et en Italie. En 1920 seuls quelques couples étaient recensés, plus de 40.000 en 2001 !

En Corse les îles sanguinaires constituent la plus grosse colonie. Celle-ci comptait en 1980 un peu plus de 300 couples, près de 1000 en 2003. Très opportuniste, l’espèce a su tirer profit de l’abondance des ressources alimentaires d’origine anthropique comme les décharges à ciel ouvert. Cette disponibilité alimentaire accrue a entraîné une augmentation de la fécondité des adultes et une diminution de la mortalité des juvéniles, à l’origine de la prolifération du goéland. Cette surabondance pose cependant de sérieux problèmes à l’environnement nécessitant ainsi un suivi régulier de l’espèce.Exemples de quelques impacts négatifs engendrés par les colonies de goélands :

– Les nuisances sonores, hygiène (déjections) en ville.

– La concurrence avec d’autres espèces, prédation des œufs et des poussins comme ceux du goéland d’Audouin sur le site d’Aspretto.

– L’action sur la flore, destruction mécanique et chimique de la végétation (construction des nids, piétement, apport d’eau salée par le plumage, fientes) introduction de nouvelles espèces (la griffe de sorcière en particulier pourrait être dispersée en partie par les oiseaux), modification de la composition chimique du substrat (fientes riches en azote, acide phosphorique, chaux et potasse, pelotes de régurgitation enrichissent le substrat en matière organique et calcaire), il y a eutrophisation du substrat défavorable à certaines espèces endémiques comme la silène veloutée.

 

LES ANIMAUX DE BORD DE MER

 

 Le crabe poilu (U granciu) :La carapace de ce crabe est brun rougeâtre à brun verdâtre, avec des marbrures jaunâtres, la surface ventrale est jaune et les doigts des pinces sont brun sombre.

La carapace est épaisse, à face dorsale faiblement bombée, lisse, avec des stries granuleuses transversales en arrière du front et sur les régions latérales. Les bords antérolatéraux sont plus courts que les postéro latéraux, et armés de 7 saillies dentiformes dont les dernières sont réduites alors que les premières portent des spinules latérales secondaires. Le front est large, échancré au milieu ; chaque lobe frontal est armé d’un peigne de 5 à 6 dents, avec, légèrement en arrière, un second peigne parallèle de 4 à 5 dents. Les orbites sont presque circulaires à bord inférieur fortement denticulé.

Les pinces sont fortes et inégales; la plus grande possède en général des tubercules arrondis, localisés en avant de l’articulation supérieure avec le carpe ; la plus petite possède de nombreux tubercules plus aigus, disposés en lignes. Les pattes ambulatoires sont fortes, terminées par un dactyle doté d’un ongle acéré et ornées de longs poils raides.

La largeur de la carapace fait en moyenne de 7 à 9 cm, 10cm au maximum.

 

Le crabe marbré (U granciu) : Pachygrapsus marmoratus est un crustacé qui peut atteindre 36 mm de long. Sa carapace a une forme presque carrée aux côtés convexes. Elle est à bord droit entre les yeux et présente trois dents pointues de chaque côté. Une marque longitudinale en creux est souvent visible au centre de la carapace. Sa coloration varie du brun violacé au noir avec des marbrures ocre-jaune plus marquées sur les pattes. Les pinces sont robustes et de taille identique. Le crabe marbré se déplace très rapidement sur les roches au niveau de l’estran et peut se cacher vivement dans les interstices des rochers et sous les pierres.

Pachygrapsus marmoratus se rencontre le long du rivage, sur l’estran. Présent à l’origine en Méditerranée, il est désormais signalé en Atlantique jusqu’aux côtes sud de l’Angleterre en Manche orientale.

 

Le Bernard l’Hermite (U grancuculu) :Pagurus bernhardus est un crustacé qui peut mesurer jusqu’à 10 cm de long. Sa carapace rougeâtre atteint 3 à 4 cm. Ses pattes gris verdâtre à jaunâtre sont soulignées et ponctuées de taches rouge orangé marquant les nombreuses épines uniformément réparties à leur surface. Les pinces, couvertes d’une multitude de denticules sont de tailles différentes: la droite est beaucoup plus développée que celle de gauche. Elle est ornée en son centre de deux rangées d’épines robustes qui convergent vers son extrémité. Les yeux sont portés par de courts pédoncules et encadrés par une paire de longues antennes.

Le bernard-l’ermite commun s’installe dans des coquilles de gastéropodes ce qui protège son abdomen mou et lui permet de se cacher en cas de danger. On observe souvent sur la coquille occupée par Pagurus bernhardus une ou plusieurs anémones Calliactis parasitica ou des hydraires Hydractinia echinata. On suppose que chacun profite de cette proximité: les anémones et hydraires protégeant le crustacé avec leurs cellules urticantes, et le bernard-l’ermite faisant involontairement profiter ses hôtes des reliefs de ses repas.
On l’observe depuis la surface jusqu’à parfois 500 m de profondeur en Atlantique, Manche, Mer du Nord et Méditerranée.

 

 

Les balanes : La balane, Balanus perforafus dispose des caractères distinctifs de la sous-classe des Cirripèdes. Les balanes sont des crustacés sessiles avec un exosquelette calcaire, formé de plaques ressemblant à une coquille. Les pattes, transformées en appendices nommés cirres, servent à la nutrition. Cette espèce mesure de 15 à 30 mm de diamètre et l’aspect de la carapace est ovale, conique, presque symétrique, formée de 6 plaques à bords dentelés, souvent disjointes en haut.

 

 

 

La patelle (a patella) On ne la trouve qu’en Méditerranée occidentale. Sur les rivages français, elle est très rare enProvence (Port-Cros et peut-être Le Levant) mais encore présente en Corse. Des signalements récents dans le port de Toulon sont à confirmer.

Elle vit également le long des côtes d’Afrique du Nord, au sud-est de l’Espagne et en Sardaigne. Aujourd’hui, les sites les plus remarquables sont les îles Habibas et Plane, au nord-ouest de l’Algérie.

La patelle vit fixée sur les rochers, dans la zone intertidale étroite (moins d’un mètre) plutôt agitée. Elle se trouve principalement entre la bande de balanes du genre Chthamalus et l’encorbellement des algues rouges encroûtantes du genre Lithophyllum. De ce fait, elle est très souvent observée hors de l’eau, où elle résiste longtemps, supportant des fortes amplitudes de température et de salinité.

Elle est solidement fixée au support grâce à son pied « ventouse » et il est difficile de la détacher de son support. Elle occupe toujours la même place sur la roche où elle crée un creux selon la forme de sa coquille .

Elle peut aussi s’installer sur une algue ou sur un autre coquillage.

C’est un gastéropode benthique et sédentaire, qui résiste bien à la force des vagues et qui a besoin d’eau claire.

 

 

L’oursin noir (u zinu) : Arbacia lixula est un oursin dont le test atteint 50 à 60 mm de diamètre. Aplati sur le dessus, il est de couleur rose mais le tégument qui le recouvre lorsqu’il est vivant est noir profond. Les piquants noirs eux-aussi et pointus mesurent jusqu’à 30 mm de long. Les podias ne possèdent pas de ventouse. La bouche sur la face ventrale est large et de couleur verdâtre. L’oursin noir est surtout actif la nuit période durant laquelle il broute sur les roches les algues calcaires Lithophyllum incrustans.
Arbacia lixula se rencontre depuis la surface jusqu’à 50 mètres de profondeur en Méditerranée où il est plus rare dans la zone nord-ouest et en Atlantique le long des côtes portugaises jusqu’à l’Afrique de l’Ouest.

 

 

L’oursin comestible  (u zinu)ArbaciaL’Oursin comestible fait l’objet d’une récolte intensive le long de nos côtes. Sa pêche est soumise à une réglementation qui détermine les périodes d’autorisation de ramassage ainsi que la taille minimale du test qui est actuellement de 5 cm sur la Côte Bleue. Cette réglementation peut varier suivant la région, elle peut aussi concerner des zones successives d’interdiction pour permettre à l’espèce d’avoir le temps d’atteindre une taille adulte et se reproduire normalement. L’Oursin utilise ses pieds ambulacraires (munis de ventouses) pour se déplacer, se maintenir fixé (par adhésion) à son support ainsi qu’à se camoufler de manière généralement maladroite, en retenant des débris de coquillages, de pierres ou d’autres invertébrés sur lui.

P.Lividus est un Oursin de couleur variable; les plus communs sont mauves, bruns ou verdâtres. Plus rarement bleutés. Le test de l’Oursin commun (ci-dessous) est vert et peut mesurer jusqu’à 7 cm chez l’adulte.

 

 

L’holothurie  (U cazzu marinu) : une holothurie est un animal marin, au corps mou et oblong, à symétrie radiale, à la peau rugueuse, possédant un cercle de tentacules autour de la bouche. Elle est aussi appelée concombre de mer ou bêche de mer (voire biche de mer par déformation en Nouvelle-Calédonie) mais également vier marin sur la côte marseillaise (de l’occitan viech marin, sexe marin). Son nom en portugais, bicho do mar, serait à l’origine du nom de la langue parlée au Vanuatu : le bichelamar.

Elle fait partie de l’embranchement des échinodermes et de la classe des holothurides. Cet animal benthique vit, suivant les espèces, de la surface aux abysses. Sa taille peut atteindre 200 cm. L’animal est pêché en Indonésie et en Chine. L’holothurie a la particularité de dégager, pour la plupart, des toxines en cas de stress intense d’attaque ou danger. Ces toxines sont dangereuses, voire mortelles, pour la plupart des poissons et autres animaux marins.

 

LA FLORE

 

 

Le calycotome (a ghjinestra) : Il sert à confectionner des haies et des clôtures mais aussi des paniers avec les rameaux fins.

 

 

 

 

 

L’asperge sauvage (u sparacu) : les jeunes pousses récoltées sont consommées en salade et en omelette.

 

 

 

 

 

La salsepareille (a reza) : une tisane est réalisée avec ses racines, elle a un effet diurétique et purificateur de sang, elle agit aussi contre l’eczéma.

 

 

 

 

 

La garance voyageuse (l’appiccicamanu) : elle est utilisée contre le mal de gorge

 

 

 

 

 

La filaire (l’alivernu) : elle permet la réalisation de balai et d’enclos.

 

 

 

 

L’olivier sauvage (l’ugliastru) : ses feuilles en tisane permettent de lutter contre la tension, les tiges vertes sont utilisées pour la fabrication de paniers. Les olives des plants greffés servent à fabriquer l’huile.

 

 

 

 

 

Le lentisque (u listincu) : ses tiges étaient sucées pour se laver les dents. Les feuilles servent à confectionner des tisanes contre les engelures. Il est aussi employé pour la désinfection des tonneaux et des poulaillers.

 

 

 

 

La bruyère marine : utilisée en décoration, les feuilles étroites deviennent rouge vif en automne.

 

 

 

 

 

L’obione faux pourpier : son feuillage peut être consommé cru ou cuit, elle est couramment broutée par les troupeaux d’ovins.

 

 

 

 

 

Le perce-pierre ou criste marine (a bassicia) : ses vertus sont connues depuis l’Antiquité, les marins en emportaient au cours de leurs longs périples. Riche en vitamine C et en sels minéraux.

Le crithme est aussi diurétique et vermifuge. Il est également recherché en cosmétologie pour ses propriétés calmantes, régénérantes et anticellulite (huiles essentielles). Ses feuilles, après macération dans du vinaigre blanc, constituent un excellent condiment.

 

 

 

La rue d’alep : connue depuis la nuit des temps pour ses vertus abortives, calmantes, antispasmodiques, digestives et vermifuges. Elle est utilisée en homéopathie pour traiter les douleurs musculaires et la fatigue oculaire. Elle peut être irritante et dégage une forte odeur désagréable.

 

 

 

 

Le statice articulé ou violette de mer : Endémique corse, plus ou moins présent tout autour de l’île. Vivace. Chaméphyte (sous-arbrisseau) de 0,1 à 0,3 cm de haut, ligneux à la base, en touffes. Chaque touffe comprend des tiges articulées (scapes) se terminant par de petites fleurs. Feuilles de forme linéaire spatulée, de 1-4 x 5-25 mm, situées uniquement à la base des scapes et se desséchant à la floraison. Ensemble des articles d’une scape étalés dans un plan. Fleurs roses. Floraison : juin – août (septembre).
Abondant sur les rochers maritimes des côtes rocheuses et des îlots.